Les trois informations que cherche un client
On passe beaucoup de temps sur ce qui plaît au commerçant, et assez peu sur ce que le visiteur est venu chercher.
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Regardez ce que les gens font sur le site d'un commerce de proximité, et le constat est déroutant de simplicité. Ils viennent pour trois choses :
1. Est-ce ouvert ? 2. Comment je vous joins ? 3. Comment je viens ?
Le reste — l'histoire de la maison, les valeurs, la galerie de photos — se consulte parfois. Ces trois-là se consultent toujours.
Pourquoi ce sont ces trois-là
Parce qu'un commerce de proximité ne se vend pas sur internet : il se vend sur place. Le site n'est pas une boutique, c'est un panneau indicateur. Quelqu'un qui le consulte a déjà décidé quelque chose ; il vérifie juste qu'il peut y aller.
C'est très différent d'un site marchand, où tout le parcours se joue à l'écran. La confusion entre les deux produit des sites de commerce très bavards et très inutiles.
Est-ce ouvert
Pas vos horaires. Est-ce ouvert maintenant.
Ce n'est pas la même information. « Lundi 9 h - 19 h, mardi 9 h - 19 h, mercredi fermé… » demande au visiteur de savoir quel jour on est, quelle heure il est, et de faire la comparaison. C'est peu de travail, mais c'est du travail, et sur un téléphone en marchant, personne n'en a envie.
« Ouvert — ferme à 19 h » répond directement. Les horaires complets restent utiles en dessous, pour celui qui prépare sa semaine.
Et pensez aux jours fériés et aux congés. Un client qui se déplace pour rien à cause d'un site qui affirmait « ouvert » ne revient pas toujours, et le dit parfois publiquement.
Comment je vous joins
Le numéro de téléphone, gros, en haut, et cliquable. Sur un téléphone, un numéro cliquable lance l'appel ; un numéro écrit en image ou en texte simple oblige à le retenir, à quitter le navigateur et à le retaper.
Cette seule différence change le nombre d'appels que vous recevez.
Si vous proposez la réservation en ligne, le bouton se place à côté du numéro, pas à sa place. Certains veulent parler à quelqu'un, d'autres veulent surtout ne parler à personne. Les deux sont vos clients.
Comment je viens
L'adresse complète, en texte — pas seulement sur une image de carte, que ni un lecteur d'écran ni Google ne savent lire.
Et un lien qui ouvre l'itinéraire directement. Personne ne veut recopier une adresse dans une application de navigation.
Un détail qui compte plus qu'il n'en a l'air : le repère du coin. « En face de la mairie », « au bout de la rue piétonne, côté parking ». Les gens se repèrent avec des repères, pas avec des numéros de rue.
Ce que ça implique pour le reste
Ce n'est pas un plaidoyer pour les sites tristes. Une belle photo, un texte qui ressemble à quelqu'un, une page qui donne envie de pousser la porte : tout ça a de la valeur, et fait la différence entre deux commerces également pratiques.
C'est un plaidoyer pour l'ordre. Ces trois informations d'abord, visibles sans faire défiler, sur l'écran d'un téléphone. Le reste après.
Un site qui fait attendre son adresse au troisième écran a perdu avant d'avoir commencé à plaire.
